Kinshasa : L’exécutif tape du poing sur la table face aux constructions anarchiques
- legendnews22

- 15 févr.
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Une délégation de haut niveau, conduite par le Vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemin Shabani, a inspecté ce week-end les zones critiques de la Gombe et de la baie de Ngaliema. Le verdict est sans appel : les démolitions débuteront dès la semaine prochaine pour libérer les servitudes publiques et sécuriser les infrastructures stratégiques.
La récréation semble terminée pour les bâtisseurs de l'ombre à Kinshasa. Dans une démonstration de force et de coordination, le gouvernement national et l’exécutif provincial ont effectué une descente musclée sur plusieurs sites névralgiques de la capitale. Objectif : constater l'ampleur des occupations illégales et engager la restauration de l'ordre urbain.
Le quartier Basoko sous haute tension
Sur l’avenue Adama, le constat dressé par la délégation — comprenant également les ministres Alexis Gisaro (Urbanisme) et Oneige Nsele (Affaires foncières) — est qualifié d'« amer ». Des résidences privées obstruent désormais les collecteurs censés drainer les eaux de pluie vers le fleuve Congo, augmentant drastiquement les risques d’inondations meurtrières.

Le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, a été on ne peut plus clair : une opération de délimitation finale sera lancée ce lundi. « Nous demandons à nos frères et sœurs d’arrêter de construire, car ils risquent de perdre leur investissement », a-t-il prévenu, appelant à la responsabilité des occupants, qu'ils soient nationaux ou expatriés.
La Regideso et la Baie de Ngaliema, zones rouges, le point le plus critique reste sans doute le site de captage d’eau de la Regideso. Les constructions anarchiques menacent directement l'approvisionnement en eau potable de quatorze communes de la capitale.
La survie sanitaire de millions de Kinois est en jeu, justifiant, selon les autorités, des mesures d'urgence pour dégager ces concessions.
À la baie de Ngaliema, le scénario est identique. Le long des berges du fleuve, les bâtiments hors-normes se sont multipliés. Ici aussi, le couperet de la démolition tombera après une ultime mission de marquage prévue en début de semaine.

Vers une purge administrative, au-delà des bulldozers, c’est une bataille judiciaire qui s'annonce. Le gouvernement a promis de traquer les « complices internes ». Des poursuites seront engagées contre les agents publics ayant délivré, au mépris de la loi, des titres fonciers dans ces zones non constructibles.
Cette opération d'envergure marque une volonté politique de protéger les infrastructures de l'État et de prévenir les catastrophes naturelles dans une mégapole de plus en plus vulnérable au dérèglement climatique et à l'anarchie foncière.



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